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La monnaie élec­tro­nique, 33 ques­tions à Lionel Dricot (alias Ploum)

Inter­loqué par l’es­sor du Bitcoin et du système de don Flattr, dont Ploum est un fervent prosé­lyte, j’ai eu l’idée d’al­ler lui poser quelques ques­tions pour une inter­view à desti­na­tion du Frama­blog. Cette inter­view est donc d’abord parue sur le Frama­blog, ici plus préci­sé­ment, avec un joli chapeau de Goofy qui a aussi fait la mise en forme et la publi­ca­tion.

Assez de blabla ! Allons-y Alonso !

Bonjour Ploum. Tu pour­rais te présen­ter un peu pour nos lecteurs qui ne te connaî­traient pas encore ?

Je suis blogueur, déve­lop­peur de logi­ciel libre, ingé­nieur. J’aime écrire, je m’in­té­resse au futur et à notre société en géné­ral. J’ai même écrit des articles pour le Frama­blog.

Ploum conférencier2. Tu peux nous présen­ter aussi un peu Bitcoin et Flattr ?

Bitcoin est une monnaie, un moyen d’échange. Flattr est un moyen de trans­mettre des euros à un créa­teur. Les deux ne sont pas liés, même si on peut char­ger son compte Flattr avec des bitcoins (ils seront auto­ma­tique­ment conver­tis en euros). Mais le mieux c’est que je vous renvoie aux articles à ce sujet. J’ai écrit Bitcoin pour les nuls ainsi qu’une présen­ta­tion du bitcoin pour Frama­soft. Quand à Flattr, je le décris dans cet article.

5. Qu’est-ce qui t’a décidé à propo­ser ces modes de soutien sur ton blog ? Tu y trouves quoi par rapport à des moyens clas­siques comme le vire­ment, la CB ou Paypal ?

Au départ, l’idée était de simple­ment jouer avec ces tech­no­lo­gies. Sur le forum Bitcoin, tout le monde s’en­cou­ra­geait à accep­ter les bitcoins dans son busi­ness. Mais moi, mon blog n’était pas un busi­ness. Je ne gagnais stric­te­ment rien. Je me suis dit que j’al­lais donc accep­ter les dons à titre symbo­lique et pour tester. Pareil pour Flattr. En paral­lèle, en tant que membre du Parti Pirate, je me posais pas mal de ques­tions sur les « busi­ness models » liés à la créa­tion. Comment trou­ver une alter­na­tive au tradi­tion­nel « Si on pirate de la musique, les musi­ciens n’au­ront plus de sous » ? C’est un proces­sus assez long que j’ai nourri d’ex­pé­riences, de lectures, de rencontres.

J’ai fini par prendre conscience que, sans m’en rendre compte, moi aussi je créais. Et que donc, si je voulais avoir des argu­ments clairs, il fallait que j’ar­rive à moné­ti­ser ma créa­tion. Pas dans le but d’en vivre, mais simple­ment pour prou­ver que c’était possible. Si moi, avec un blog qui reste somme toute confi­den­tiel, je peux faire un peu d’argent, c’est que le modèle existe. Ce que j’es­saye de montrer aussi, c’est que je gagne un peu d’argent avec des créa­tions qui sont libres et gratuites (mon blog est sous licence CC By) mais que je ne pour­rais rien gagner du tout si, au contraire, je déci­dais de me proté­ger et tentais d’em­pê­cher mes lecteurs de parta­ger ce que j’écris.

22. Quels ont été les retours des lecteurs ?

Comme je l’ai dit, tout cela s’est fait progres­si­ve­ment, sans que j’en aie forcé­ment conscience. Mon premier article sur bitcoin et Flattr date de 2010. Le véri­table chan­ge­ment a eu lieu lorsque j’ai décidé de « rendre mon blog payant », en juillet 2013. Pour tout avouer, j’avais commencé cet article comme un texte géné­rique d’en­cou­ra­ge­ment à donner aux créa­teurs sur le Web. Et puis j’ai trouvé parti­cu­liè­re­ment amusant de le tour­ner d’une manière provo­cante. Je trou­vais cela plus effi­cace, plus parlant. À vrai dire, je n’étais pas certain que cela fonc­tion­ne­rait. Je m’at­ten­dais à beau­coup de retours de type « Mais pour qui tu te prends ? » ou « Fran­che­ment, tu te consi­dères à ce point impor­tant qu’il faille te payer ? ». Mais je n’ai eu que très très peu de retours néga­tifs. Peut-être même pas du tout.

En fait, la démarche a été extrê­me­ment bien comprise et j’ai réel­le­ment senti que j’avais mis les mots sur quelque chose qui était déjà partagé par beau­coup de monde. Je ne m’at­ten­dais pas à ce que ça fonc­tionne réel­le­ment mais j’ai reçu des dizaines de soutiens concrets. J’en ai été person­nel­le­ment tout retourné. Pour la première fois, je me rendais compte que ce que je faisais pouvait avoir de l’im­por­tance pour les gens. C’est même tombé dans l’ex­trême inverse avec des lecteurs s’ex­cu­sant de ne pas pouvoir payer. Du coup, j’es­saie main­te­nant d’in­sis­ter : si ce que j’écris est dispo­nible gratui­te­ment c’est juste­ment pour que tout le monde puisse y avoir accès, sans contrainte. Si j’ai été utile ou si j’ai fait plai­sir à quelqu’un qui a du mal à joindre les deux bouts, c’est merveilleux. J’es­père que cette personne me sera recon­nais­sante et, qu’à son tour, elle déci­dera d’être utile ou de faire plai­sir à quelqu’un d’autre.

Appel aux dons dans le blog de Ploum

31. Tu saurais nous donner une esti­ma­tion chif­frée de ce que tu as gagné avec Flattr ? Avec Bitcoin ? Sur combien de temps ?

J’en­voie chaque année les comptes détaillés de mes gains Flattr à mes suppor­ters Flattr. Mais je vais faire quelques révé­la­tions en primeur pour Frama­soft.

Jusqu’à l’an­née 2012, Flattr me rappor­tait entre 4 et 40 € par mois. J’ai gagné 155 € en 2011 et 240 € en 2012. En 2013, les choses ont commencé à explo­ser. Suite à mon article suggé­rant de tester Flattr, mes gains sont montés entre 80 € et 120 € par mois. L’ar­ticle pour rendre mon blog payant m’a propulsé sur orbite avec des gains entre 160 et 225 € par mois, rien que sur Flattr. Donc oui, l’ar­ticle pour rendre mon blog payant a été un véri­table déclen­cheur auprès de mon public.

Pour tous les créa­teurs, je le dis et le répète : vous devez convaincre votre public. Vous devez expliquer pourquoi le public devrait vous payer. Et il faut répé­ter cela régu­liè­re­ment tout en évitant d’être lassant. C’est un équi­libre très diffi­cile. Juste mettre un bouton Flattr et attendre ne sert à rien. Flattr est un moyen de paie­ment. Mais il faut donner envie au public de payer.

Pour les autres moyens de paie­ment, j’avoue ne pas tenir de comptes car cela m’en­nuie profon­dé­ment. Mais rendre mon blog payant fait que, de temps en temps, je reçois un don Paypal ou un vire­ment surprise. C’est quand même toujours très agréable et c’est extrê­me­ment moti­vant ! Même un petit don me donne envie de me jeter sur mon clavier pour me surpas­ser. Cela me donne l’im­pres­sion d’être utile.

Après, il faut rela­ti­vi­ser. Je ne peux pas vivre de mon blog. Mais on n’en est pas telle­ment loin. En discu­tant autour de moi, j’ai décou­vert qu’il y avait des jour­na­listes free­lance, des musi­ciens ou des écri­vains qui gagnaient moins que moi ! Les chiffres sont donc deve­nus assez impor­tants pour me permettre d’af­fir­mer que le modèle fonc­tionne et qu’il pour­rait même se révé­ler préfé­rable pour les créa­teurs par rapport au modèle actuel.

24. Dans ton billet, tu pous­sais les déve­lop­peurs, les artistes, etc. à utili­ser ces moyens de soutien. Tu as convaincu beau­coup de gens ? Tu as eu des retours ?

J’ob­serve de temps en temps des blogueurs qui copient un de mes billets sur le sujet pour faire un appel au don. Cela me fait plai­sir (je précise qu’ils me préviennent). Mais je fais partie d’une mouvance plus large où je ne suis qu’un élément parmi tant d’autres. Lorsqu’on observe un auteur comme Neil Jomunsi se poser des ques­tions sur un modèle tradi­tion­nel (il vend ses nouvelles et livres sur Amazon/Kobo/etc) et obser­ver qu’il gagne plus avec Flattr qu’a­vec Amazon, on ne peut pas dire « Il a été convaincu par Ploum ». Non, il baigne tout simple­ment dans un écosys­tème qui remet certaines choses en ques­tion.

Je fais partie de cet écosys­tème et si je peux aider des lecteurs à se poser des ques­tions, c’est génial. D’ailleurs, je me remets moi-même sans arrêt en ques­tion en lisant d’autres personnes. Mais, au final, ce n’est pas un qui convainc l’autre. C’est un groupe qui évolue. Et je trouve cela très posi­tif. Il n’y a pas une bonne solu­tion qui va supplan­ter une mauvaise. Il faut juste remettre en marche l’évo­lu­tion perma­nente que certains s’en­têtent à vouloir frei­ner.

Ploum voit loin

Ploum voit loin. Aux avant-postes des nouveaux usages numé­riques, il nous confirme que la voie est libre, depuis cette percée vers l’ave­nir où se cache étran­ge­ment le profil de la Casta­fiore.

25. Que réponds-tu aux créa­teurs qui disent que le modèle du don, c’est reve­nir à une forme de mendi­cité ?

Je comprends très bien cette posi­tion car j’étais comme eux. Comme je l’ex­plique, je pensais qu’on pouvait donner de l’argent de deux façons : soit parce qu’on avait besoin/envie de quelque chose qui n’était pas dispo­nible gratui­te­ment (on parle alors d’un « achat ») soit en donnant volon­tai­re­ment (la « charité »). Et deman­der la charité a souvent une conno­ta­tion néga­tive.

Mais cette vision vient tout simple­ment de l’er­reur que nous faisons de confondre prix et valeur. Cette erreur est telle­ment forte qu’il a été observé que les livres élec­tro­niques en dessous de 3–4 € ne se vendent pas car les gens consi­dèrent que, si c’est bon marché, c’est nul.

Pour­tant, rien n’est plus faux ! Prenez un MP3 télé­chargé d’une musique. Et prenez la même musique issue du CD collec­tor avec boîte plati­née or. L’un est gratuit, l’autre est très cher. Pour­tant, au moment de l’écoute, vous ne pour­rez pas les diffé­ren­cier ! La valeur est exac­te­ment la même ! Et si la musique est bonne, cela peut être une très grande valeur même si le MP3 est gratuit.

En conclu­sion, on peut donc dire que, aujourd’­hui, pous­ser les gens à ache­ter un CD ou de la musique en ligne payante, c’est de la mendi­cité. En effet, la même musique est dispo­nible gratui­te­ment ! Deman­dez d’ailleurs à ceux qui achètent leur musique en ligne pourquoi ils ne télé­chargent pas sur The Pirate Bay. Dans la plupart des cas, la réponse sera « Pour soute­nir l’ar­tiste ».

C’est donc un non-sens de parler de mendi­cité alors que nous sommes déjà dans cette situa­tion. Le paie­ment est déjà volon­taire. Ce que je reproche c’est que l’in­ci­ta­tion à payer est extrê­me­ment néga­tive (on nous menace, on nous insulte, on détruit la notion du partage) alors qu’a­vec le prix libre, l’in­ci­tant est posi­tif (payez comme vous le voulez, autant que vous pouvez pour soute­nir l’au­teur et l’ai­der à diffu­ser son art auprès de ceux qui ne peuvent pas payer). D’ailleurs, l’ex­pé­rience In Rain­bows de Radio­head ou les Humble Bundles prouvent ample­ment que l’in­ci­tant posi­tif est commer­cia­le­ment bien plus rentable que le néga­tif ! De plus en plus d’ar­tistes le comprennent. D’ailleurs, aujourd’­hui même, Moby vient d’annon­cer la dispo­ni­bi­lité gratuite de son dernier album via Bittor­rent…

26. Si tu pouvais chan­ger quelque chose à Bitcoin ou Flattr, ce serait quoi ?

À Bitcoin, ce serait la faci­lité d’uti­li­sa­tion. J’y avais réflé­chi et je pense que beau­coup de gens se penchent dessus. Cela va prendre du temps et, aujourd’­hui, c’est vrai­ment le problème le plus critique (la sécu­rité étant notam­ment affai­blie par la complexité de Bitcoin). Avec Flattr, j’ai quelques idées mais j’en discute juste­ment avec l’équipe de Flattr. Du coup, je vais garder la surprise ;-)

29. …et la valeur fluc­tuante du Bitcoin ? Elle ne te gène pas ? Le bitcoin qui passe de 150 à 300 € en une semaine, t’en penses quoi ?

Que l’euro fluc­tue beau­coup par rapport à mes bitcoins ;-) Plus sérieu­se­ment, il faut garder à l’es­prit que la valeur qui importe c’est celle du moment où on dépense ses bitcoins. J’ai décou­vert que pizza.be et pizza.fr accep­taient les bitcoins. Du coup, c’est moins la valeur en euro du bitcoin qui importe que le prix de la pizza. Plus il y aura de sites accep­tant les bitcoins, moins on se préoc­cu­pera de la valeur en euros.

Ceci dit, c’est aussi une excel­lente leçon d’éco­no­mie. Je suis de l’avis de Rick Falk­vinge qui estime que Bitcoin va complè­te­ment révo­lu­tion­ner la société.

J’en­tends beau­coup dire que le problème de Bitcoin, c’est qu’il est inégal. Que les premiers arri­vés sont les plus riches. Mais, histo­rique­ment, ça a toujours été comme ça. La plupart des fortunes de France remontent à la noblesse d’em­pire. Les riches n’ont jamais rien fait qu’hé­ri­ter des situa­tions qu’ils ont parfois fait fruc­ti­fier. Mais c’est facile de deve­nir encore plus riche quand on est déjà riche. Bitcoin n’est, malheu­reu­se­ment, pas un outil social. En revanche, je suis persuadé qu’il va juste­ment permettre l’émer­gence de nouveaux para­digmes sociaux. Je pour­rais vous en parler pendant des heures ;-)

Une pièce de bitcoin

Crédit photo Anta­na­coins licence CC BY-SA 2.0.

61. Tu expé­ri­mentes Patreon, ça fonc­tionne ? Et Gittip alors, pourquoi tu n’es pas convaincu ?

Patreon est très brouillon. Le site est à la limite de l’in­com­pré­hen­sible et le modèle de verse­ment rend les charges très lourdes. Pour certains dons de 1$, je n’ai reçu que 40 centimes ! C’est quand même déran­geant surtout que j’ai suggéré plusieurs fois des amélio­ra­tions mais je n’ai jamais eu de réponse. Patreon béné­fi­cie de l’aura de son créa­teur, Jack Conte, mais, au contraire de Flattr, je le trouve très mal géré, mal pensé. J’es­père qu’ils vont s’amé­lio­rer.

À l’in­verse, Flattr est très bien léché mais ne béné­fi­cie pas de l’aura d’un artiste renommé. De plus, Flattr n’est pas dans la Sili­con Valley et, blas­phème absolu, n’est pas en dollars !

Quand à Gittip, j’ai testé mais je n’ai tout simple­ment pas compris l’in­té­rêt. Flattr et Patreon tente chacun de résoudre un problème clair. Je n’ai pas perçu le problème que Gittip tentait de résoudre. Je trouve plus simple de faire un don par Paypal/Bitcoin que par Gittip. Ceci dit, j’ai un compte sur Gittip et peut-être que cela va s’amé­lio­rer.

28. Comment perçois-tu l’évo­lu­tion de ces solu­tions de finan­ce­ments alter­na­tifs dans les prochains mois/années ?

Tout comme on a observé une explo­sion des acteurs du crowd­fun­ding (Kicks­tar­ter, Ulule, Kiss­kiss­bank­bank, etc), je pense qu’on va voir une explo­sion des solu­tions de micro-finan­ce­ment. Et puis qu’un filtre va se faire. C’est assez logique. Je prédis par contre de plus en plus de sites qui vont accep­ter les bitcoins et qui vont même en faire leur monnaie courante. En effet, le problème pour un euro­péen sur Patreon, c’est que tout se fait en dollars. Il est donc dépen­dant du cours du dollar. Pour un améri­cain sur Flattr, il est en euros. Pour le reste du monde, les deux situa­tions sont problé­ma­tiques. Je pense qu’on va obser­ver graduel­le­ment un mouve­ment vers le bitcoin comme étalon de la monnaie inter­net.

J’ai égale­ment prédit, dans une petite fiction appe­lée « Le blogueur de demain », l’ar­ri­vée d’ou­tils de finan­ce­ments à l’échelle indi­vi­duelle. On va en arri­ver à un niveau où chacun pourra faire sa comp­ta­bi­lité et ses petits projets person­nels direc­te­ment en ligne. Un voyage avec des amis ? Un repas de Noël en famille ? L’achat d’une voiture en couple ? Le budget sera établi sur un service en ligne et l’argent sera direc­te­ment dessus.

Au final, de moins en moins d’argent tran­si­tera par les banques. On paiera direc­te­ment avec son smart­phone et on achè­tera des cartes de crédit prépayées. La notion même de « salaire » va s’ef­fi­lo­cher. Les gens seront de plus en plus auto-entre­pre­neurs et travaille­ront au coup par coup.

Ce scéna­rio peut se révé­ler idyl­lique, chacun ayant plus de temps pour les projets qui lui tiennent à cœur, l’argent perdant de l’im­por­tance, tout comme il peut être apoca­lyp­tique s’il est néces­saire de travailler 80h par semaine pour se payer de quoi manger. C’est la raison pour laquelle je suis un fervent suppor­ter du revenu de base : avec un revenu de base et une indé­pen­dance vis-à-vis des banques, le net sera un véri­table outil de libé­ra­tion sociale.

33. Selon toi, quelles sont leurs prin­ci­paux incon­vé­nients et freins à l’adop­tion ?

Je suis toujours surpris de voir que des gens éduqués, des intel­lec­tuels, refusent d’ache­ter en ligne par simple crainte irra­tion­nelle de « l’ar­naque ». Il y a un réel souci à ce niveau. Parfois, des lecteurs me disent qu’ils veulent me soute­nir mais ils n’ont pas de carte de crédit, ils n’ont pas d’argent en ligne. J’avoue que, au 21e siècle, c’est tout de même un frein à l’uti­li­sa­tion de beau­coup de services.

La France est spécia­le­ment en retard par rapport à la Belgique. En Belgique, toutes les banques sont entiè­re­ment acces­sibles en webban­king depuis des années et il est possible de faire gratui­te­ment, en un seul clic, un vire­ment vers n’im­porte quel compte en banque euro­péen (zone SEPA). Lorsque j’en­tends des Français qui me disent devoir se rendre au guichet pour effec­tuer un vire­ment ou des suisses me dire qu’ef­fec­tuer un vire­ment vers la Belgique coûte 10–15 € (ce qui me semble illé­gal selon l’ac­cord SEPA), j’en reste effaré. J’ai l’im­pres­sion que nous ne vivons pas dans la même époque. C’est une des raisons qui rendent les USA si atti­rants pour les socié­tés web : un système bancaire unifié, une langue quasi-unique.

D’une manière géné­rale, c’est très diffi­cile d’ex­pliquer un modèle basé sur Flattr et Bitcoin à une personne pour qui ache­ter un livre sur Amazon relève de la témé­rité abso­lue ou de la science-fiction. Peut-être que je vais parfois un peu trop vite en besogne mais il ne faut pas sous-esti­mer la vitesse à laquelle peut se produire un chan­ge­ment total de menta­li­tés. Il y a un point de non-retour où, tout d’un coup, l’opi­nion bascule. Aujourd’­hui encore, le net est rela­ti­ve­ment « acces­soire » dans la société actuelle. Beau­coup pointent du doigt qu’il est moins impor­tant que ce que les geeks disent. C’est vrai. Mais je prédis qu’il sera beau­coup plus impor­tant dans le futur que tout ce qu’on peut imagi­ner.

42. Un petit mot de la fin ?

mmmh Aka m’a promis plusieurs fois d’in­té­grer Flattr sur le Frama­blog. S’il ne le fait pas, la prochaine fois ça se règlera à coup de frites dans les narines, une fois.

Ploum dans son célèbre maillot rayé

Ploum dans son célèbre maillot rayé (repris par un certain globe-trot­ter appelé Char­lie (ou Waldo, on n’est pas sûr))

Fin de l’in­ter­view

Outre mon inté­rêt person­nel d’avoir des réponses aux ques­tions que je me posais, j’ai pris énor­mé­ment de plai­sir à poser des ques­tions à Ploum, qui m’a surpris par sa dispo­ni­bi­lité et sa rapi­dité à répondre.

Plei­ne­ment convaincu par les réponses de Ploum, j’ai sauté le pas et j’ai posé des boutons Flattr sur les articles de ce blog (si si, en haut, en dessous du titre), ainsi que l’adresse d’un de mes comptes Bitcoin dans la colonne de droite (en haut). Donc si vous voulez me soute­nir, me dire merci pour une raison ou une autre, je serais ravi de boire une bière à votre santé !

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